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C’est sans grande surprise que j’ai choisi Star Wars comme film du mois. Apothéose de la seconde trilogie, il a connu un succès immédiat auprès du public, comme en ont témoigné les embouteillages que l'on pouvait voir à l'entrée des salles lors de la première semaine d'exploitation.

Alors, qu'en est-il ? Après deux épisodes pour le moins discutables, comment Lucas s'en est-il tiré cette fois-ci ?

Grossièrement, je pense qu’on peut diviser les spectateurs qui sont allés le voir en trois groupes :

 

  • Les jeunes fans boutonneux qui adorent Jar Jar Binks et trouvent en Anakin un support métaphorique idéal pour gérer leur découverte de la sexualité.

  • Les mères de famille qui sont allés le voir par nostalgie pour retrouver l’ambiance de leurs 20 ans.

  • Les fans hardcore qui ont moyennement aimé (ou franchement détesté) les deux premiers volets à cause de leur caractère insipide.

(Attention, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, je ne pratique aucun racisme : il y a d’authentiques fans hardcore de SW parmi les ados, tout comme il y a des mères de famille avec des problèmes de sexualité, ce qui prouve bien que tout est dans tout et inversement, mais ne nous égarons pas…)

Personnellement, je dois bien dire qu’en dépit des échos presque unanimement positifs qui ont entouré la sortie de la revanche des SIth, j’avais quelques appréhensions. Comme on dit, jamais deux sans trois, et je voyais mal comment Lucas allait bien pouvoir retomber sur ses pattes en redonnant une véritable épaisseur à ses personnages et une authenticité à son univers.

Cependant, j’ai été agréablement surpris, et rapidement, la curiosité résignée a fait place à un réel engouement, très semblable à celui que j’avais ressenti en regardant la première trilogie. Bien sûr, le film a des défauts, mais dans l’ensemble, il trouve enfin le rythme qui lui manquait jusque là. Je ne parle pas tant des effets spéciaux (les amateurs de combat au sabre laser seront ravis, une bonne partie de la production finit en sushi humain), mais de la crédibilité des personnages. Minet insipide dans la Guerre des clones, Hayden Christensen prend enfin une véritable stature dans cet épisode. Torturé par des conflits psychologiques shakespeariens, son basculement dans le côté obscur est rendu avec maestria par Georges Lucas, qui se déplace de façon particulièrement habile entre les points de vue des différents protagonistes pour se livrer à une étude en profondeur de la façon dont le mal arrive à s'implanter dans l'âme humaine. De façon très suggestive, il arrive ainsi à démontrer comment quelques individus incapables d'avoir affaire à leurs peurs et leurs souffrances peuvent influer de façon catastrophique sur l'histoire de l'humanité dans son ensemble. Après les intrigues politiques filandreuses des épisodes précédents, on a enfin l’impression d’un véritable aboutissement, d’autant plus efficace qu’il renoue véritablement avec les attentes profondes du public.

Au final, le film se révèle ainsi être une tragédie réalisée dans les règles de l’art, et dont l’un des plus grand mérite est non seulement de compléter, mais encore de donner un nouveau sens à la totalité de la saga, deux trilogies confondues. Les dernières scènes du film, en particulier, préparent si bien la suite que l’on a qu’une envie : voir les six épisodes d’affilée !

Un des aspects les plus appréciables du film (en dehors bien sûr du fait qu’il n’y avait par d’Ewoks et que la seule apparition de Jar Jar Binks se limite à une demi-seconde), est son contenu politique. Il est difficile, en effet, de ne pas tracer quelques parallèles lorsque Palpatine proclame, sous les applaudissement du Sénat, la naissance du "Premier Empire galactique pour une société en sûreté et en sécurité", et que Padmé, désespérée, commente en disant : "c'est ainsi que meurent les démocraties: sous les applaudissements".


La boucle est ainsi bouclée, l’épisode III résonnant de façon pour le moins troublante avec la situation mondiale actuelle. Rappelons-nous alors simplement le sous-titre que Lucas avait choisi pour l’épidode IV : « Un nouvel espoir ». Le message de la saga, de ce point de vue, est clair : le mal, en tant qu’il trouve ses racines dans la faiblesse humaine, est inévitable. Cependant, sa victoire n’est jamais définitive, et même dans les moments les plus sombres, il faut continuer à lutter. Lucas montre d’ailleurs très bien en quoi, au sein même de leur défaite, les jedis remportent pourtant une victoire morale, qui pose les fondations d’une future renaissance. Je ne sais pas pour vous, mais moi j'y crois...


QUE LA FORCE...



NOTE FINALE : 8.5/10

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