Puisque ceci est le premier édito du site, j’aimerais en profiter pour expliquer quelques-unes des raisons qui nous ont poussé a créer Peerpartage.
Il y a quelque temps, le journal Le Monde rapportait récemment que, dans une note de quelques lignes extraites d’un rapport de synthèse des préfets de décembre 2004, on pouvait lire : « Les Français ne croient plus en rien. C’est même pour cela que la situation est relativement calme, car ils estiment que ce n’est même plus la peine de faire part de son point de vue ou de tenter de se faire entendre. » Et le journaliste de commenter : « Atonie, résignation, sinistrose, angoisse. Jamais les expressions pour désigner le moral des Français n’ont été aussi empreintes de pessimisme. »
Résignation. C’est le mot terrible qui marque le renoncement d’une époque que l’on imagine blasée, lassée, saignée et finalement indifférente. Mais jusqu’où arriverons-nous à supporter le spectacle de l’injustice sans réagir ? Car au bout du compte, même si cette apathie généralisée est aujourd’hui vécue comme une fatalité, cela ne change rien au fait qu’elle est en réalité la conséquence d’un choix. Tout le système actuel, en effet, tient sur l’idée que quelle que soit la quantité d’humiliations et de manipulations que l’on peut infliger à l’homme ordinaire, il finira toujours par se résigner et par faire taire en lui le sentiment de révolte. C’est pour cette raison que la plupart des informations que l’on entend dans les média et dans la bouche des hommes politiques cherchent à exciter en nous la peur et le besoin de sécurité. Toutefois, ce qu’on tendance à oublier les gens qui sont arrivés au pouvoir en exploitant la peur et la résignation collective, c’est qu’ils continuent à dépendre de tous ceux qui sont en-dessous d’eux. Comme le disait un sage : « un nain a beau se tenir sur le sommet d’une montagne, il n’est pas plus grand pour cela ».
De ce point de vue, j'avoue que je trouve la plupart des débats qui ont entourés le vote sur la constitution totalement hors de propos. De mon point de vue, la seule chose qu'à démontré tout ce raffut, c'est le besoin énorme que nous éprouvons en tant que collectivité de cesser de chercher des réponses à l'extérieur de nous-mêmes.
On peut être heureux dans un monarchie capitaliste comme dans une démocratie communiste : il ne s'agit pas d'une affaire de régime, mais de confiance. De la même façon, l'économie est finalement secondaiire, puisqu'aujourd'hui, parmi les pays qui ont des faibles taux de chômage, on trouve aussi bien des systèmes socialistes que des système capitalistes...
A partir de là, la seule question vraiment pertinente n’est pas savoir s’il faut voter oui ou non, mais elle est de se rendre compte qu’en tant que société, nous sommes la montagne sur laquelle se tiennent aujourd'hui les nains qui nous gouvernent, et que si nous le désirons, c’est en notre pouvoir de tout changer.
 |
 |
A l’état latent, tout le monde cherche une issue, mais l’inertie générale est devenue telle qu’il est extrêmement difficile de lutter contre elle. Cependant, au-delà de notre apparente résignation, il y a une partie de nous-même qui reste lucide sur la situation, et qui nous montre de façon parfaitement claire ce qui en train de nous arriver. A l’heure actuelle, nous faisons tout pour éviter de l’écouter, mais il va y avoir un moment où, bon gré mal gré, nous allons devoir le faire. Nous réaliserons alors peut-être que ce qui est véritablement précieux, ce n’est pas la « sécurité » dont on nous rebat constamment les oreilles, mais c’est la clarté d’esprit, l’écoute de soi, et la capacité à garder son équilibre intérieur en dépit des circonstances. |
La philosophie de Peerpartage, en ce sens, est claire : plutôt que d'avaler tranquillement les couleuvres qu'on nous sert en permanence, nous avons décidé de nous défendre à travers l’humour et la guérilla culturelle. A bon entendeur...
|