Nous vivons une époque très particulière de notre histoire, où nous touchons à une forme de limite de l’humain. A présent, tous les repères sont en train de se dissoudre pour laisser place à un futur indistinct.
Face à cet Inconnu, le système existant tend à réagir par une réaction de défense totalement disproportionnée, qui se traduit aussi bien par la politique du gouvernement américain actuel qui envoie des bombardiers tuer des enfants à l’autre bout du monde pour des "raisons préventives" que par la politique de l’industrie, qui met pour sa part des consommateurs innocents en prison également dans le but de "prévenir" une baisse de ses bénéfices.
Cette politique sécuritaire entraîne de telles injustices que l'aura de légimitité qui entoure les institutions tend à s'effriter à toute vitesse, au point que la seule question véritable qui se pose à présent est tout simplement de savoir non plus si, mais simplementquand se produira enfin le basculement des consciences.
Car au bout du compte, on se rend compte que le contexte d’incertitude et d’effon-drement rapide des idéologies qui caractérise notre époque ne laisse guère d’options : soit accepter le changement, ce qui suppose de se dessaisir de ses préjugés et d’accepter une réalité ouverte et plus fluide, où il faut se passer de la présence rassurante de l’autorité externe pour trouver les réponses en soi ; soit refuser tout changement, en se cramponnant à ses positions, à son système de pensée et à sa foi aveugle dans l’autorité.
Or, si la première de ces deux voies est naturellement empruntée par un nombre croissant de gens désireux d’aller au bout d’un certain chemin intérieur, la seconde est pour sa part la destination naturelle de tous les esprits que l’on pourrait qualifier de « dépendants vis-à-vis du système ».
Il faut rappeler que le terrorisme désigne avant tout celui qui utilise la peur pour arriver à ses fins, et que cette définition s’applique de façon de plus en plus évidente aux gens qui prétendent le combattre. Or, dans un tel contexte, le seul véritable contre-pouvoir ne peut venir que de l’humanité ordinaire, et de sa capacité à prendre en main son destin.
De ce point de vue, on se rend compte que ce qui sous-tend tous les débats actuels portant sur la politique, l'économie, la santé, l'éducation ou Internet sont de simples symptômes, et que derrière eux, il y a une seule et unique question : peut-on vivre ensemble différement ? Plutôt qu'un système basé sur la peur et le contrôle, peut-on imaginer une société et une économie reposant sur le don et le partage ?
Cette question peut sembler lointaine et abstraite, mais encore une fois, nous avons atteint une sorte de limite, et plus les choses vont avancer, et plus les choses vont nous forcer à prendre parti.
Concernant les artistes et les groupes de musique, cela se traduit par le fait que la crise actuelle les met, d'une façon tout à fait inattendue, face à eux-mêmes. On ne compte plus, en effet, le nombre de chansons actuelles qui parlent de l'amour, de la liberté et d'une société meilleure que la notre. Aujourd'hui, le changement vient frapper à leur porte, et chaque artiste est à présent mis en demeure d'assumer ce qu'il exprime en refusant de cautionner un discours basé sur la peur et la répression. |