La plupart de ces réactions ont fait suite à la pétition en faveur du P2P lancée par le Nouvel Observateur. Pour voir la pétition, cliquez ici. Pour voir plus de réactions, cliquez ici.
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" Cette année, à cause du piratage, il y aura 10 à 20% d'artistes français en moins sous contrat avec les maisons de disques (...)
Le piratage est certainement la seule cause de l'effondrement du marché français. Nous allons attaquer les pirates et les téléchargeurs illégaux devant les tribunaux. (...)
Cette stratégie a parfaitement réussi aux Etats-Unis, le nombre d'utilisateurs de Kazaa est en baisse. "
(en réponse à la pétition du Nouvel Obs)
" Je n’ai pas de commentaires à faire. Avec cet appel, vous voulez tuer l’industrie musicale ou quoi ? Un appel contre la répression c’est totalement idiot. Pourquoi ne pas lancer un appel en faveur des chauffards de la route ? Et puis ces taxes, c’est l’assassinat de la création ! Vous voulez faire une maison de disque soviétique, comme Melodia en Russie, qui contrôlait tout le marché ! L’impôt, l’impôt, l’impôt… les nouvelles taxes ne résoudront rien, faîtes le calcul, elles vont appauvrir les artistes. Je ne peux pas en dire plus maintenant : organisez un vrai débat ! "
Pascal Nègre, PDG d'Universal France |
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"Qui a dit que nous les musiciens serions les seuls au monde qui bossent gratos? On a besoin de bouffer, de se loger, il y a des musiciens qui ont des enfants, il faut bien payer les frais scolaires. Il faut que les gens comprennent que s'ils ne paient pas leur musique, leur musique préférée ne va plus exister parce que les musiciens ne pourront pas gagner leur vie."
Brian Molko, Chanteur du goupe Placebo |
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" J'en ai franchement assez de voir toute une génération trouver naturel de télécharger des sonneries téléphoniques minables de quinze secondes, en son midi, pour trois euros et trouver dans le même temps qu’il est anormal de payer un euro pour une chanson avec tout le travail que cela représente. "
Laurent Petitgirard, Président de la SACEM |
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" Je serai solidaire du Nouvel Obs lorsqu'il sera photocopié et vendu illégalement. Il y a sûrement beaucoup à réfléchir mais, comme d'hab', il semble que votre réflexion soit faite: DEPENALISER d'abord et réfléchir ensuite. Cette "réflexion" ne m'étonne pas outre mesure de votre part: Démagogie et pensée unique, parfait pour votre clientèle. Comptez sur moi pour continuer à ne pas vous suivre. Farouchement. "
Jean-Jacques Goldman , musicien
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"Le concept du tout gratuit est une illusion. Cependant, je partage l’idée que toute campagne de répression aveugle et brutale est non seulement inefficace, mais aussi nuisible à l’ensemble des protagonistes. (...)
Il faut éviter de prendre les internautes pour des boucs émissaires, car la crise du disque a des facteurs beaucoup plus profonds et structurels que le seul piratage. "
Patrick Devedjian, Ministre Délégué à l'Industrie |
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"On ne pourra pas stopper le téléchargement. Fliquer Internet, c’est odieux, je ne veux pas pactiser avec Big Brother. Je télécharge aussi, ça me permet de découvrir des artistes, d’ouvrir mon univers musical. Aujourd’hui, on ne s’est jamais autant intéressé à la musique, et tout ce flux qui circule sur les plateformes P2P n’enrichit malheureusement que les fournisseurs d’accès. A la radio, les artistes sont rémunérés en fonction de leur diffusion : le P2P devrait s’inspirer de cela.
Moi, j’étais en contrat avec EMI, mais ils sont en crise, on n’a pas réussi à renégocier, je me suis barré. Les majors ne se sont pas remis en question. Je suis aujourd’hui indépendant et ma démarche est toute autre. Je vais sortir un double CD vendu au prix d’un CD, je me concentre sur la scène, mes concerts sont pleins, c’est le plus important. "
Sinclair, musicien |
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" Le téléchargement, c'est presque un acte politique. Un tube débile que j'entends à la radio, je ne me gêne pas pour le télécharger, de toute façon, je ne l'aurais jamais acheté. Pour les petits groupes, les indépendants, j'achète les CD. Internet, c'est aussi un accès à la culture : un jeune qui est fauché ne peut pas acheter des CD à 20 euros ! Pour une fan, le P2P est une mine d'or. J’ai tous les CD de Sisters of Mercy, d'Indochine mais j'ai pu trouver grâce au Net des inédits, des concerts enregistrés en pirate. J’écoute de la musique, via mon ordinateur qui est branché sur ma chaîne. J’y ai transféré une partie de ma discothèque et aussi plein de choses un peu kitsch que j'ai téléchargées: des génériques de dessins animés, des versions de Colargol chantées par Michel Sardou, bref des bêtises. "
Chloé Delaume, écrivain |
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" Oh, là, là, moi depuis deux ans, j'ai le haut débit, et évidemment, je télécharge pas mal. J'adore fouiner pour trouver des vieilleries des années 50, Gene Vincent, Johnny Cochrane...
Moi, en tant que musicien, cela ne me dérange pas d'être téléchargé. Notre dernier album a certes été un succès inespéré, on a fait 100 000 exemplaires, et il a certainement été téléchargé. Mais bon...De toute façon, dans le groupe, on est 5, et par disque, on gagne 20 centimes d'euros chacun, alors...Et puis être téléchargé, c'est aussi une reconnaissance, c'est une façon de se faire connaître. Quand je vois que des groupes comme Metallica qui sont milliardaires se plaignent des pirates, je me dis qu’ils sont vraiment des enfoirés! Ils ont déjà suffisamment pris de fric à leur public pour en réclamer davantage! De toute façon, je ne fais pas ce métier pour l'argent. Les Wampas, ça fait 20 ans que ça dure, et je continue mon boulot à la RATP, à mi-temps. "
Didier Wampas, chanteur-compositeur, leader des Wampas
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" Quand je vois la campagne des artistes qui clament "téléchargez moi légalement", cela me hérisse, j'ai envie de dire "Téléchargez moi illégalement!".
Je télécharge - la dernière fois, j'ai pu écouter comme ça le dernier Renaud, l'album de Lavilliers et par curiosité celui de Vincent Delerm- mes potes téléchargent, mes enfants téléchargent: ils m'ont toujours vu le faire, alors je serais mal placé pour leur dire que c'est mal! Pourquoi parler de pillage ? Personne ne revend, ne fait de contrebande de CD, c'est juste pour écouter chez soi, échanger, partager. Les majors diabolisent le téléchargement car elles ont peur pour leurs marges. Je sais que quand je suis téléchargé, je perds un peu de fric, mais bon, je préfère que ma musique soit écoutée. "
Magyd Cherfi, ex leader de Zebda |
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" Je dois me battre pour faire survivre un label indépendant, le vrai danger ce ne sont pas les pirates, mais les distributeurs, la FNAC et les hypers, qui font la loi sur le marché ; qui ont réduit l'offre petit à petit. Pour un petit label, il devient de plus en plus difficile d'être accessible en magasin. La musique est en train d'évoluer vers une forme de gratuité, un peu comme les magazines dont les recettes sont plus la publicité que les ventes en kiosques. Là aussi pour un groupe, même qui marche, les ventes de disques commencent à devenir de plus en plus marginales en terme de revenus. Le téléchargement? C'est utile pour se documenter, trouver justement ce que les magasins sont incapables de vous fournir. Mais je ne suis pas un grand utilisateur: j'ai un Mac pourri, je fais encore de la musique sur mon Atari. "
Bertrand Burgalat, pdg du label Tricatel, musicien |
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"Je suis pour le droit des artistes à être rémunérés pour leur création. C’est primordial. Par contre je trouve cette répression indigne, c’est vraiment une réponse zéro que d’envoyer en prison des gens qui copient de la musique en ligne. La génération de mon fils télécharge de la musique parce que ça leur donne accès à une grande variété de morceaux. Pour moi, le fléau, ce sont les trafiquants, eux méritent d’être jugés. Cette histoire de pirates, c’est un écran de fumée. De gros artistes sont en guerre avec leurs producteurs qui veulent les obliger à mettre leur catalogue en ligne en leur imposant les tarifs. Nous, artistes devons pouvoir utiliser le web et être rémunérés sur les nouvelles richesses technologiques. Moi, ça me plairait de proposer mes concerts en vidéo pour une somme modique".
Jean-Louis Aubert , Chanteur |
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" Le téléchargement c'est le sens de l'histoire, les jeunes téléchargent, tout le monde télécharge. Je télécharge aussi ! Même si en tant que critique, on m'envoie de toute façon tous les disques que je veux. J'ai environ 50 gigaoctets de musique sur mon disque dur (l'équivalent de 10 000 chansons ndlr), mais j'ai également 1000, 2000 cd, je ne sais plus, autant de vinyles, je suis un collectionneur. Je me sers de mon ordinateur comme d'un gigantesque juke-box. "
Patrick Eudeline, critique rock, romancier, musicien |
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" Je télécharge du jazz -Thelonious Monk, dernièrement, et du rap comme ce que fait le groupe la Rumeur. Mes enfants également. Mais bon, je ne suis pas un drogué du MP3. Le problème, c'est qu'on s'est enfermé dans une diabolisation du P2P. Le sujet effraie les politiques, qui reste aux mains d'experts et des lobbies. Pourtant, c'est toute notre politique culturelle qui est en jeu. Les lois sont en retard sur la société. Les règles sur la propriété intellectuelle datent, on est obligé de légiférer sur des textes bricolés qui ne sont pas du tout en phase avec notre temps. "
Christian Paul, Député PS de la Nièvre |
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