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Le vrai fond du débat ne porte pas sur ce qui est légal ou pas, car dans le domaine du droit d’auteur, la loi ne fait finalement que refléter les mentalités. Par contre, la question est de savoir vers quel modèle on se dirige, et s’il faut faire confiance ou pas aux consommateurs de musique pour se comporter de façon équitable, en prenant en compte le fait que les artistes aussi ont besoin de vivre.
A l’heure actuelle, il est clair que tous les arguments avancés par les industriels du disque montrent un mépris total du grand public, puisqu’ils considèrent que la plupart des gens sont des criminels en puissance. Toutefois, si les majors faisaient l’effort d’écouter ce qui se dit un peu partout sur la planète, ils se rendraient peut-être compte que le public est loin d’être dupe du lavage de cerveau qu’on veut lui faire subir.

1. Changer de peerspective
"La création est une victoire sur la peur, c'est notre vraie destinée"
Francis Ford Coppola
Lorsque les premières cassettes sont apparues, il y a eu des gens pour prédire que cela tuerait la musique. Un siècle plus tard, de Sony à Universal en passant par EMI Records, tous les grands labels considèrent le Peer2peer comme une malédiction, et prédisent que bientôt, Internet et les mp3s mettront fin à la production musicale.
Or en réalité, c’est exactement le contraire qui est en train de se passer. Les gens, en effet, écoutent de la musique plus que jamais, et grâce au peer2peer, ils peuvent découvrir des groupes qu’ils ne connaissaient pas.
Il est certain que le grand public est encore fortement conditionné à toujours écouter le même genre de musique, mais à côté de cela, il est frappant de voir que de plus en plus de jeunes rejettent tout ce qui est étiqueté commercial. C’est une tendance très forte à l’heure actuelle, qui se traduit par le fait que lorsqu’ils s’agit de soutenir un groupe qu’il veut voir monter, le public est prêt à payer les téléchargements et à aller aux concerts.
Quant aux artistes, même si beaucoup d'entre eux ont encore peur de franchir le pas et préfèrent sacrifier leur liberté au profit de la sécurité que leur offre le système actuel, beaucoup d'autre n'ont pas peur de se lancer dans l'aventure, contribuant ainsi à poser les fondations de la musique de demain.
C'est dans cet esprit de création et d'innovation que nous nous inscrivons.
Nous sommes réalistes. Nous savons que lorsqu’un internaute a la possibilité de télécharger gratuitement, il le fait, mais nous savons aussi que cette tendance est largement contrebalancée par le fait que lorsque le public se sent lié à un groupe ou un chanteur, il fait aussi le nécessaire pour le pousser de l’avant.
Nous pensons donc qu'il faut miser sur la passion du public pour la musique, et faire en sorte que les gens donnent de l'argent non parce qu'ils ont peur d'aller en prison, mais parce qu'ils aiment les artistes. Nous ne misons pas sur la répression, mais sur la responsabilisation et la confiance dans l'individu.
Car au bout du compte, quelle que soit la pertinence des arguments avancés par les industriels du disque et les sociétés de défense des droits d'auteur, le fait est qu'ils ont fondé tout leur campagne sur la peur, et qu'on ne crée jamais rien de bon sur la base de la peur.
A chacun de faire son choix en âme et conscience.

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