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PEERPARTAGE : A présent, parlons un peu de l'avenir si vous voulez bien. Comment les choses peuvent évoluer selon vous ? Est-ce qu'on peut s'attendre à une prise de conscience des responsables de majors et à plus d'ouverture d'esprit ?

 


Je serais vous, je n'y compterais pas trop. L’attitude de la direction d’une boîte comme Universal est simple, et je la résumerais comme suit : « engrangeons un maximum maintenant, comme ça on sera bien au chaud quand tout pétera. »

 


Donc, pour vous, il est évident, même aux yeux de la direction, que le système ne va plus tenir longtemps ?

 

 

Bien sûr, et c’est pour cette raison qu’ils s’en prennent aux étudiants et aux Rmistes ! Si les majors choisissent comme proie des gens ordinaires, c’est parce qu’elles savent très bien que c’est à eux que tout le monde s'identifie le plus facilement. C’est une technique psychologique pour forcer les gens à se comporter selon un certain schéma.

Seulement voilà, les artistes commencent à se réveiller et à faire des procès aux majors en leur réclamant des millions... Par conséquent, comme la pierre angulaire du système est en train de leur échapper, les grosses boîtes de disque se retournent logiquement contre la seule proie sans défense qu’il leur reste : le consommateur moyen. D'ailleurs, vous remarquerez que les procès faits aux Internautes tombent toujours sur des gens qui n'ont pas les moyens de se payer des avocats hors de prix et pas sur ceux qui sont riches ou qui représentent une autorité. Pourtant, croyez-moi, il y a aussi des policiers, des politiciens et des juges qui téléchargent sur Internet. Les flics comme Madame Denis ! C'est donc totalement hypocrite !


Mais alors que faire ? Car en pratique, la justice prend parti contre les Internautes... Comment peut-on réagir si même la loi ne laisse aucun recours ?

 

 

Je ne crois pas que la loi continuera à favoriser longtemps les majors. Pour ma part, je vois cette crise comme le simple aspect d'un problème plus large.
A l'heure actuelle, le monde est en proie à un malaise très grave. On ne sait plus où on va, et les gens on peur.

Mais en même temps, je crois qu'il y a une conscience très profonde de l'injustice, et il suffirait de pas grand-chose pour que tout cela explose.

Le cas des majorsl est vraiment typique. Dans une major comme Universal, un producteur touche un minium de 15.000 euros par moins, un Directeur Artistique, 25.000, et un producteur artistique, 50.000. Par comparaison, les intermittents du spectacle et les standardistes ne touchent que 500 euros par mois, les assistants 1000 euros et les ingénieurs son, environ 1500. C’est un clivage absolument ridicule, car le travail de tout le monde est important. Sans parler qu’Universal fait signer des décharges à ses employés disant qu’ils renoncent à voir leur contrat, qui est gardé par la société...

Je crois que les gens qui contrôlent l'industrie de la musique jouent à un jeu très dangereux, dont ils ne mesurent pas les conséquences, et que s'il continuent comme ça, ils risquent d'encourager une vraie révolution sociale.

Toutefois, ça me semble logique que pour désamorcer ça, l'Etat en vienne à mettre fin aux procès ou du moins à modérer au maximum les choses pour éviter l'explosion. C'est pour ça que je pense que dans ce domaine, les choses vont finir par se tasser.

Quand au reste, sans rentrer dans le détail des arguments, je pense que l'un des effets les plus positifs du peer-to-peer est que cela permet aux gens d'entendre des messages auxquels ils ne sont pas habitués. La musique conditionne les mentalités : c'est un outil politique puissant.

J'ai surtout confiance dans les jeunes, car malgré tout ce qu'on peut dire, il savent se montrer plus malins que le système.

Quand aux artistes qui condamnent le téléchargement, ils ont été tellement conditionnés et rendus dépendants qu'ils ne se rendent même plus compte que la major avec qui ils ont signé et qui leur pompe jusqu'à 99% de leur bénéfices leur fait cent fois plus de tort que le soi-disant piratage... On vit quand même dans un drôle de monde !

 


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