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"Je travaille pour un label indépendant et sans rentrer dans une polémique inutile je voudrais quand même apporter un témoignage "de l'intérieur".

A l'heure actuelle il est impossible pour nous de contrer les propositions des majors et de retenir nos artistes lorsqu'ils commencent a "sortir" de l'anonymat.

En effet par leurs moyens financiers ces compagnies attirent les artistes en leur promettant des contrats mirifiques, la gloire etc...
Mais il faut tout de même savoir que la stratégie actuelle des majors consiste a exploiter au maximum et en un minimum de temps ces "nouveaux talents" pour ensuite passer au suivant de ces messieurs.
La longévité de carrière des groupes est maintenant inévitablement lié a leur rentabilité immédiate.
La notion de créativité est en train de bel et bien mourir pour faire place a une facilité d'écoute et d'oubli.

Le rapport avec le P2P n'est peut-être pas évident mais gardons en mémoire que l'industrie du disque a vu son C.A augmenter de 20% au cours des 3 dernières années et ce sont la les vrais chiffres, et non pas les chiffres d'affaires fractionnés qui peuvent eux être intrinsèquement négatifs."

Témoignage de Jean G, recueilli sur le forum de commentcamarche.net



D’après la RIAA ( Recording Industry Asso-ciation of America ), la vente des CDs aux Etats-Unis a chuté de 940 millions à 800 millions de cds entre 2000 et 2002, soit une baisse de 15%.

Les majors ont mis cette baisse entière-ment sur le compte du P2P, en martelant les même chiffres censés prouver le lien de cause à effet entre le téléchargment et la chute des ventes.

Toutefois, en dépit de cette tentative de reporter la responsabilité du délcin de leur industrie sur les internautes, aucune étude scientifique sérieuse n'est jamais venue soutenir ces accusations.

Pourtant, il en existe plusieurs études sur le sujet : Pew Internet Project (2000), Forrester (2002), IFPI (2002), Ipsos-Reid (2002a), Jupiter Media Metrix (2002), Edison Media Research (2003), Neilsen//NetRatings (2003) et Liebowitz (2002). Et si leurs conclusions varient, la majorité d’entre elles prouvent que le peerpartage n’est pas le principal facteur expliquant la baisse des ventes.

En fait, entre le 23/11/02 et le 02/12/02, un sondage mené auprès de 159 utilisateurs d’une communauté de P2P montrait que la pratique du peerpartage amenait non une baisse, mais une augmentation de l’achat.

La plus récente de ces analyses, menée par Félix Hoberholzer de la Harvard Businesse School et Koleman Strumpf de l’UNC Chapel School, est intitulée : « L’effet du partage de fichiers sur la vente des albums : une étude basée sur cas ».

Publiée en mars 2004, elle n’a pas encore été traduite en français, mais ses conclusions sont remarquablement claires. En recoupant les ventes et les téléchargements d’un certain nombre d’albums, elle démontre en effet que, de façon générale, si le peerpartage induiit une baisse des ventes due au fait que des gens qui achetaient des CDs cessent de le faire, elle provoque simultanément leur hausse, due au fait que des gens qui n’auraient jamais acheté de la musique le font en découvrant de nouveaux groupes par le P2P.

Ces deux facteurs s’équilibrant, il s’avère que le peerpartage a un effet quasi nul sur la vente d’albums, le fait qu’une chanson soit massivement téléchargée ne prouvant que son degré de popularité.

En revanche, si l’impact économique du partage de fichiers est très faible, son principal intérêt est d'augmenter de façon énorme la consommation globale de musique sur la planète.

Dès lors, si ce n'est pas le peerpartage, qu'est-ce qui est à l'origine de la baisse des ventes ? Pour répondre à cette question, l'étude met en avant plusieurs facteurs, dont le principal est la diversification des loisirs.

Pour un même budget multimédia, le consommateur moyen, plutôt que d’acheter des CDs, a aujourd’hui plutôt tendance à mettre son argent dans des DVD, des consoles de jeux, des téléphones portables dernière génération, de l’équipement informatique et un accès Internet haut débit.

Cette conclusion se voit confirmée par le fait que, contrairement au CDs, les jeux vidéos, les films et les logiciels sont activement distribués sur les réseaux P2P sans que cela affecte leur vente…



Pour télécharger l'étude de la Business School of Harvard (PDF en anglais), cliquez ici